« Perele » de Lana Kupiec

Lana Kupiec, étudiante en deuxième année (!) de yiddish à la MCY, nous offre ce très beau conte « Perele ».

Quel talent et quelle plume ! Peut-être celles et ceux qui ont étudié le yiddish avec la méthode de Nadia Déhan-Rotschild et Yitskhok Niborski reconnaitront-ils les toutes premières phrases de « Bebele »… Mais c’est une autre histoire !

Un grand bravo et tous nos remerciements à Lana, yasher-koyekh Lana un a sheynem dank !

Vous pouvez lire le texte et en même temps écouter l’enregistrement de Sharon Bar-Kochva.

« Mayn yidish-farshparung »

Il était une fois, a mol iz geven, mayn yidish-farshparung, mon confinement en mode yiddish…

Nous vous proposons de garder trace ensemble de cet évènement historique, extraordinaire. Quelle place a eu le yiddish pour vous pendant ce confinement ? Le yidish in der heym, le yiddish à la maison, a-t-il occupé, bousculé, ou envahi votre quotidien ?

Pour certains une découverte, ou même une révélation, pour d’autres un approfondissement ; des liens se sont tissés, les frontières se sont effacées, ensemble nous avons lu, étudié, conversé, chanté, joué de la musique….

Mettez des mots sur votre yidish-farshparung, votre confinement en mode yiddish, quelle que soit votre langue, racontez votre expérience par la musique, la création plastique, une petite vidéo… avec les moyens d’expression qui sont les vôtres, seuls ou à plusieurs… à vous de jouer !

Seules (petites) contraintes :

  • enregistrer sur un support numérique et nous l’envoyer à farshparung@yiddishweb.com
  • le yiddish, comme langue et/ou comme culture, doit être présent dans votre création

Date limite d’envoi : le 20 août.

Nous nous retrouverons à la rentrée, le 12 septembre dans notre maison pour certains, sur internet pour d’autres, afin de partager vos créations et de faire la fête. Nous vous en dirons plus au cours de l’été.

Nous restons à votre écoute pour toutes questions.

Save the date :

Rendez-vous le samedi 12 septembre à partir de 15h, pour les retrouvailles devant un thé et des kikhelekh !

  • 16h : tour d’horizon du programme culturel, des cours et ateliers avec les enseignants et les animateurs.
  • 17h30 : yidish-farshparung, le confinement en mode yiddish : surprises, réflexions, créations inspirées par cette période troublante et troublée aux amoureux du yiddish.

Aaron Zeitlin et la parapsychologie

Samedi 1er février dernier, nous avons assisté à la Maison de la culture yiddish à une conférence inédite et déconcertante de Tal Hever-Chybowski dans le cadre de la saison Zeitlin. Son thème ? Aaron Zeitlin et la parapsychologie !

Au début du XXe siècle, la pensée prédominante en Occident (parmi les Juifs également) mettait au centre de tout la science empirique et la matière comme seule réalité. Aaron Zeitlin, qui se voulait héritier de la tradition mystique de la Kabbale, se définit lui aussi comme un poète réaliste, à cela près que pour lui la seule véritable réalité est l’esprit, et la matière n’en est pas l’antithèse mais une manifestation parmi d’autres. Il passa sa vie à rassembler des témoignages de cette « autre réalité ». De théologiens comme Swedenborg, d’écrivains comme Wordsworth, Dostoïevski, Bialik ou Proust… D’innombrables publications lui fournirent un vaste corpus de cas de clairvoyance, de précognition, de télépathie, de passé revécu etc., qui lui permit de soutenir avec brio les thèses spiritualistes et de l’existence d’une âme individuelle immortelle.

A découvrir ou à revoir :

Nos bibliothécaires recommandent… Les Archives Alter Kacyzne

Vous avez peut-être déjà consulté des livres ou des périodiques à la Bibliothèque Medem, mais saviez-vous que son fonds englobe également des archives d’institutions, d’écrivains et d’autres acteurs culturels yiddish ? Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir les archives qui nous ont été léguées par Shulamis Kacyzne, la fille de l’écrivain et photographe Alter Kacyzne (1885–1941). Elles ont été numérisées et se trouvent sur le catalogue rachelnet.net du Réseau européen des bibliothèques judaica hebraica, dont la Bibliothèque Medem est une des fondatrices.

Cliquez ici pour commencer l’exploration de cette riche collection en plusieurs langues !

Extraits de L’Anneau magique de Mendele Moykher-Sforim

Aujourd’hui, nous vous invitons à faire connaissance avec L’Anneau magique (Éditions Bibliothèque Medem, 2019), chef-d’œuvre de Mendele Moykher-Sforim, magistralement traduit par Batia Baum (Grand Prix de la traduction SGDL). Dans les extraits choisis, le lecteur apprend l’existence de ce fameux anneau magique dont rêvent le jeune héros, Hershele, et tout Kabtsansk, sa bourgade natale. Pour encore mieux apprécier la traduction et les difficultés auxquelles la traductrice a dû faire face, vous pouvez lire l’original yiddish à la fin du document. Ceux qui souhaiteraient accompagner Hershele dans son apprentissage de la vie, et explorer un panorama complexe de la société juive de l’Empire tsariste au XIXe siècle, peuvent commander la version papier ou le livre électronique du roman.

« Kapores », de Sholem-Aleykhem : végétarisme ou allégorie ?

Voici les deux premiers chapitres de la nouvelle « Kapores » de Sholem-Aleykhem, un véritable joyau littéraire datant de 1903, mettant en scène une rébellion de volailles contre leur sacrifice rituel la veille de Yom Kippour (le Grand Pardon). Mais de quoi parle l’auteur au juste ? Est-ce un plaidoyer pour le végétarisme, une critique de la tradition, une voix de protestation contre le pogrome de Kichinev survenu la même année, une satire contre les mouvements révolutionnaires ou bien des réflexions amères sur l’impossibilité de comprendre l’Autre et de changer l’ordre des choses ? Faites-vous votre propre opinion en lisant le début de la nouvelle, en original yiddish (dont nous vous proposons une version annotée tirée du n° 107 du bulletin Der Yidisher Tam-Tam) et dans la traduction française de Nadia Déhan-Rotschild. Vous trouverez le texte entier dans Des volailles et des hommes/Mentshn un oyfes (Éditions Bibliothèque Medem, coll. « yiddish.minibilingues », 2016).

Avrom Sutzkever, poète et croquiste

Dans le cadre de notre projet numérique « Passages », dédié à l’archivage et à la mise en valeur de la vie culturelle yiddish en France après la guerre et jusqu’en 2000, nous sommes fiers de vous présenter cette lettre quelque peu insolite du poète Avrom Sutzkever (1913-2010) à l’écrivain Hersh Perlmuter, datée 28 septembre 1964. En bas à droite, à côté de sa signature, l’auteur a dessiné son autoportrait. Le projet « Passages » donnera lieu à une exposition virtuelle.

Texte yiddish :

28סטן סעפּטעמבער 1964

טײַערער הערש

מײַנע בריוולעך האָט איר מסתּמא דערהאַלטן –  וווּנדערט מיר, וואָס כ’האָב שוין לאַנג ניט געהערט פֿון אײַך. אויב אַלץ וועט גיין כּשורה – וועלן מיר זיך באַגעגענען אין פּאַריז דעם 13טן אָקטאָבער. זײַט אַזוי גוט און באַשטעלט פֿאַר מיר אַ דאַטע אין מײַן אַלטן האָטעל אויף רי בעראַנזשע – לוקסאָר.

מיט ליבשאַפֿט צו אײַך און פֿעלעשי

אײַער
סוצקעווער

Traduction française :

Le 28 septembre 1964

Cher Hersh,

Vous avez probablement reçu mes lettres, je suis donc étonné de ne pas avoir eu de vos nouvelles depuis longtemps. Si tout va bien, nous allons nous rencontrer à Paris le 13 octobre. S’il vous plait, réservez-moi une chambre dans mon ancien hôtel rue Béranger, le Luxor.

Avec mes amitiés à vous et Feleshi,

Votre
Sutzkever

Écrire la catastrophe : témoignage et fiction 2

Il y a quelques semaines, nous vous avions proposé de réécouter le cycle de conférences « Écrire la catastrophe » et vous avions redirigés vers les cinq premières rencontres. Voici à présent les quatre dernières. 

Dans le cadre du programme des résidences d’écrivains en Île-de-France, l’écrivaine Cécile Wajsbrot avait passé dix mois en résidence à la Maison de la culture yiddish. Elle avait conçu et animé neuf rencontres avec des auteurs contemporains sur l’écriture de la catastrophe, en proposant aux intervenants et au public la réflexion suivante :

Réfléchir ensemble à ces notions : la catastrophe, l’écart entre témoignage et fiction, l’autorisation à la fiction pour traiter d’événements dont le témoignage seul semble pouvoir rendre compte. Avec, en archétype, les camps d’extermination mais aussi le recours à d’autres catastrophes, même si elles ne furent pas aussi radicales. Tout cela à travers la littérature.

Voici les liens pour voir ou revoir les quatre dernières réunions de ce cycle :

https://remue.net/Ecrire-la-catastrophe-Laurence-Werner-David
http://remue.net/Ecrire-la-catastrophe-Philippe-Forest
http://remue.net/Ecrire-la-catastrophe-Dominique-Dussidour
https://remue.net/Ecrire-la-catastrophe-Gilles-Rozier

Une après midi en compagnie de Sholem-Aleykhem

Lakhn iz gezunt, le rire est bon pour la santé

Samedi 16 mai nous avons commémoré en ligne le 104e Anniversaire de la mort de Sholem-Aleykhem. Après la lecture du testament et de l’épitaphe de l’écrivain par Nicole WajemanSharon Bar-Kochva a présenté la traduction française récemment publiée du roman Étoiles vagabondes (Le Tripode, mars 2020) et dialogué avec le traducteur Jean Spector. Puis les comédiens Macha FogelHershl Grant et Laurent d’Aumale nous ont régalé d’une lecture bilingue d’extraits du roman.

À toutes celles et ceux qui n’ont pu assister à cet hommage, à toutes celles et ceux qui étaient présents et voudraient revivre ce moment, nous sommes heureux d’offrir l’enregistrement de la soirée.